AV1 : Le codec vidéo libre et performant qui s'impose en 2026
Dans l'univers en constante évolution de la vidéo, le choix du codec est une décision stratégique qui impacte directement la qualité, le coût et la compatibilité. Alors que les formats H.264 et H.265 (HEVC) ont longtemps dominé, un nouveau challenger, l'AV1, s'affirme de plus en plus comme la solution de référence en 2026, notamment grâce à des avancées significatives en matière de performance et son statut royalty-free.
L'AV1, un acteur majeur de la compression vidéo
L'AV1 (AOMedia Video 1), développé par l'Alliance for Open Media (AOMedia) qui regroupe des géants comme Netflix, Google, Amazon et Meta, est un codec vidéo open source conçu pour offrir une compression supérieure sans les lourdeurs des licences associées à ses prédécesseurs. Historiquement perçu comme lent à l'encodage, l'AV1 a connu des améliorations majeures qui le rendent désormais viable pour une utilisation en production.
Des performances d'encodage et de compression améliorées
Le principal frein à l'adoption de l'AV1 était sa lenteur d'encodage. Cependant, des outils comme SVT-AV1, développé par Intel et Netflix et intégré à FFmpeg, ont transformé la donne. SVT-AV1 est 2 à 5 fois plus rapide que l'ancien encodeur libaom. De plus, l'accélération matérielle, notamment avec les cartes NVIDIA RTX 40-series et plus récentes, permet d'atteindre des vitesses d'environ 500 images par seconde en 1080p pour l'encodage AV1.
En termes de compression, l'AV1 surpasse l'HEVC d'environ 30% et le H.264 d'environ 50%, offrant ainsi des réductions de bande passante significatives. Par exemple, un flux 1080p nécessitera environ 2 000 kbps avec l'AV1 pour une qualité équivalente à 2 500 kbps avec le H.265 et 5 000 kbps avec le H.264. Ces gains sont cruciaux pour les services de streaming et les plateformes où les coûts de bande passante sont un facteur déterminant.
Implications concrètes pour les utilisateurs et les professionnels
Pour les diffuseurs et les plateformes de streaming
Pour les entreprises qui dépendent fortement de la diffusion vidéo, l'adoption de l'AV1 représente une opportunité de réduire considérablement leurs coûts de diffusion. Le caractère royalty-free de l'AV1 élimine les complexités et les frais liés aux licences des codecs propriétaires comme le H.265, qui est sujet à de multiples pools de brevets. Cela simplifie les décisions commerciales et permet aux grandes plateformes, ainsi qu'aux services FAST (Free Ad-supported Streaming TV), de réaliser des économies substantielles.
De plus, l'efficacité de l'AV1 est particulièrement avantageuse pour la diffusion de contenu HDR et pour les régions où les connexions internet sont plus lentes, garantissant une meilleure qualité d'expérience (QoE) pour les utilisateurs.
Pour les créateurs de contenu et les développeurs
Les créateurs de contenu peuvent désormais produire des fichiers de haute qualité avec des tailles réduites, facilitant le stockage et la distribution. Les développeurs, quant à eux, bénéficient d'un écosystème en pleine maturité avec des outils comme FFmpeg intégrant SVT-AV1, rendant l'encodage AV1 plus accessible.
Cependant, la compatibilité n'est pas encore universelle. Alors que Chrome, Firefox, Edge et Opera prennent en charge la lecture AV1 nativement depuis 2020, Safari manque toujours de support natif. La prise en charge matérielle est également variable, avec les appareils Android récents (à partir de 2021) et les GPU de bureau modernes offrant un décodage matériel. Pour les anciens appareils, le décodage logiciel est nécessaire, ce qui peut entraîner une consommation de batterie plus élevée.
La trajectoire du secteur : vers un écosystème plus ouvert
L'ascension de l'AV1 témoigne d'une tendance plus large dans l'industrie de la vidéo : la recherche de solutions ouvertes et performantes. Alors que le VVC (H.266) promet des gains de compression encore plus importants (environ 50% par rapport à l'H.265), son adoption est freinée par l'incertitude autour de ses licences complexes, similaire à celles du H.265.
En 2026, la stratégie par défaut pour l'encodage vidéo implique souvent un encodage de haute qualité (mezzanine), transcodé ensuite en une échelle de 4 à 6 paliers (adaptive bitrate streaming) et empaqueté une fois avec CMAF (Common Media Application Format). CMAF permet d'utiliser un seul ensemble de segments pour les protocoles HLS (Apple) et MPEG-DASH (standard ouvert), réduisant ainsi les besoins de stockage et de packaging.
Le choix du codec est désormais une décision moins technique que commerciale. Si le H.264 reste le choix pour une compatibilité garantie et la vidéo en temps réel, l'AV1 s'impose lorsque le coût de la bande passante est critique et que l'on souhaite éviter les redevances. L'AV1 représente non seulement une avancée technologique significative, mais aussi un pas vers un écosystème vidéo plus ouvert et économiquement viable pour tous les acteurs.
Sources consultées
- Fora Soft. (3 août 2026). Video Encoding in 2026: A Practical Guide for Teams.
- SureShot. (13 juillet 2026). Best Video Format for Web (2026): MP4, WebM & AV1 — Full Guide.
- Ant Media Server. (29 janvier 2026). Video Codecs Explained: H.264, H.265, AV1 & VP9 [2026 Update].
- The State of Streaming Codecs 2026. (26 mars 2026). The State of Streaming Codecs 2026.
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